Mardi 27 avril 2010
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Je voulais signaler ici la parution récente d'une étude qui indique que 40 % des immigrés et enfants
d’immigrés sont exposés aux discriminations.
La France comptait en 2008, 3,1 millions d’enfants d’immigrés âgés de 18 à 50 ans et nés en métropole, ce qui
représentait 12% de la population de cette tranche d’âge, selon l’enquête "Trajectoires et Origines" (TeO), de l’Ined. Pour les fils et filles d’immigrés originaires d’Afrique subsaharienne, près
de la moitié déclarent avoir vécu une expérience de discrimination. Les personnes natives des Dom et leurs enfants nés en métropole, comme les minorités originaires du Maghreb sont, elles, quatre
fois plus nombreuses à se dire discriminées que les non immigrés.
D'après cette étude, l’âge joue un rôle important. Les jeunes de 25 à 34 ans évoquent plus fréquemment des discriminations que leurs aînés ou que leurs cadets, à conditions égales.
La religion aussi. Les musulmans rapportent davantage de discriminations que les personnes se déclarant sans religion, ou de religion chrétienne, bouddhiste, ou juive. 90 % des enfants d’immigrés ont appris à parler le français grâce à leurs parents. Lorsqu’un des deux parents n’est
pas immigré, la transmission du français est quasi systématique, et c’est même la seule langue transmise dans 65 % des cas. Ce sont les descendants de parents turcs ou asiatiques qui
apprennent le moins souvent la langue française avec leurs parents, selon l’enquête. Mais cette singularité s’atténue à la génération suivante.
En revanche, les enfants dont les parents sont originaires d’Afrique subsaharienne (notamment ceux issus
d’anciennes colonies françaises) sont très tôt imprégnés par le français : dans 60 % des cas, c’est la seule langue qui leur soit transmise par leurs parents dans leur enfance. A la
génération suivante, 99 % des enfants d’immigrés, eux-mêmes devenus parents, utilisent le français avec leurs enfants, c’est même la seule langue d’usage dans trois quarts des
familles.
Les enfants d’immigrés sont plutôt jeunes : 17 % des 18-20 ans résidant en France ont au moins un
ascendant immigré (contre 11 % de la population totale) ; au-delà de la quarantaine, cette part est deux fois plus faible. La jeunesse de cette population est particulièrement marquée
pour les familles d’origine africaine : 60 % des descendants de parents venus d’Afrique subsaharienne ont moins de 26 ans.
Je précise que cette étude a été réalisée entre septembre 2008 et février 2009 auprès de 22 000 personnes
âgées de 18 à 50 ans et vivant dans un "ménage ordinaire en France métropolitaine". Vous pouvez en connaître le détail sur le site de l’Ined.
L'INSEE vient également de faire paraitre un fascicule très éclairant : "Être né en France d’un parent
immigré" de Catherine Borrel et Bertrand Lhommeau, cellule Statistiques et Études sur l’immigration, Insee, N° 1287, mars 2010, 2,30 €
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