Ensemble pour Garges

En début de semaine, le journal économique les échos consacrait un article aux fameux "candidats de la diversité" lors des élections municipales de mars 2008. La situation de Garges y est évoquée par Bruno Leroux, responsable des élections et des investitures au Parti socialiste.
Disposer de candidats issus de l'immigration est devenu un enjeu politique pour les partis, désireux de prouver qu'ils sont à l'image de la société. Mais le nombre de têtes de liste dans des villes gagnables reste faible.
Nicolas Sarkozy, qui répète ne pas vouloir « de petits pois, tous de la même couleur, tous du même calibre »,« un atout, une chance pour gagner les élections ». Mais, comme lors des législatives, les têtes de liste issues de l'immigration ne sont guère légion à ces municipales. Et celles qui ont une chance de l'emporter le sont moins encore. s'enorgueillit d'avoir introduit la « diversité » au coeur du pouvoir. François Hollande, qui veut un PS à l'image de la société, vante « un atout, une chance pour gagner les élections ». Mais, comme lors des législatives, les têtes de liste issues de l'immigration ne sont guère légion à ces municipales. Et celles qui ont une chance de l'emporter le sont moins encore.
Dans les villes de plus de 30.000 habitants et les chefs-lieux de département, 13 candidats de la diversité à peine (en incluant 3 arrondissements de Paris et 1 de Lyon) ont reçu l'investiture de la majorité présidentielle. Dont 5 dans les fiefs communistes de Seine-Saint-Denis, où leurs chances semblent quasi nulles. « La diversité, vous ne l'inventez pas. Vous la prenez là où elle est », se défend Ange Sitbon, chargé des élections à l'UMP. Le chirurgien d'origine algérienne Karim Boudjema a aussi fort à faire à Rennes, aux mains des socialistes depuis plus de trente ans. Tout comme Six-Emmanuel Njoh à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), laminé aux législatives de juin. Si Nouredine Nachritte peut caresser un espoir à Creil (voir ci-dessous), un seul candidat UMP issu de l'immigration part véritablement favori : Rachida Dati, parachutée dans le VIIe arrondissement de Paris. Candidat à Nanterre (détenue par le PC depuis 1935) et conseiller technique de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Rachid Kaci se fait une raison. « Ce n'est jamais suffisant, mais compte tenu du retard en la matière, ce n'est pas rien. Déjà, il a parfois fallu forcer les portes », explique-t-il, se disant convaincu que les choses sont « difficiles non parce que je suis fils de Maghrébin, mais parce que je suis fils de balayeur ». Il espère surtout que ces municipales serviront à « creuser le sillon », c'est-à-dire à enraciner les candidats de la diversité : « Si nous perdons, prévient-il, il faudra que nous restions en place pour être opérationnels le coup d'après. »
Comme en écho, le socialiste Fayçal Douhane estime qu'il « y a du progrès. Avant, il n'y avait même pas d'affichage, on nous disait qu'on était anxiogène ».
Ce membre du conseil national du PS, qui avait menacé d'organiser une manifestation lors de la convention d'investiture, positive désormais : « 2008 sera une bonne année pour la diversité sur
les listes, même si c'est insuffisant pour les têtes de liste. » En décembre, le PS avait désigné 22 chefs de file dans les villes de plus de 20.000 habitants (y compris dans un
arrondissement à Paris et à Marseille). Après les accords passés avec le PCF et les Verts, il en reste 15. « En union, ils sont sûrs de se faire élire, de devenir adjoint dans les exécutifs
», justifie Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections.
"Légitimité accumulée"
Conduire une liste nécessite, dit-il, « un processus de légitimité accumulée ». Et de citer comme « exemple type » Hussein Mokhtari, conseiller
général du Val-d'Oise, élu en 2004, qui peut profiter de la division de la droite pour conquérir Garges-lès-Gonesse. Parfois, des résistances locales handicapent les candidats
: c'est le cas à Orly (voir ci-dessous) et à Evreux. Dans cette ville de droite, Rachid Mammeri, un ingénieur en informatique de trente-quatre ans, investi par les adhérents socialistes, doit
contrer des dissidents. Et, à Etaples-sur-mer (11.000 habitants), la puissante Fédération du Pas-de-Calais refuse carrément de respecter le vote des militants locaux en faveur de leur secrétaire
de section, Bagdad Ghezal. Ce travailleur social de cinquante et un ans avait déjà laissé sa place en 2001 (pour cause de parité) et aux régionales de 2004 (pour l'union de la gauche). « La
France est le pays des droits de l'homme et de l'égalité des droits, j'attends qu'on me le prouve », dit-il.
ELSA FREYSSENET ET PIERRE-ALAIN FURBURY